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L'essaimage est un ensemble de mesures et de comportements par lesquels les entreprises (dites entreprises sources) encouragent et facilitent la démarche de leurs salariés qui souhaitent faire évoluer leur carrière en créant ou reprenant une société, ou en s'associant un projet de création ou de reprise. (définition présentée par Gérard Husson, expert auprès de la mission interministérielle sur les mutations économiques (MIME) : rapport avril 2004).
En 1998, la Commission “ Essaimage ” du Conseil National de la Création d’Entreprises (CNCE) a dressé les constats suivants :
La notion “ d’essaimage ” recouvre des situations très variées dans lesquelles la création d’une activité nouvelle par un salarié est soutenue par son entreprise. On peut considérer qu’il y a “ essaimage ” dès qu’un salarié en activité ou licencié bénéficie d’un appui de la part de son entreprise d’origine en terme d’informations, d’appuis techniques, d’apport d’expertises, d’aides financières éventuelles, de parrainage, voire de transferts de brevet ou d’activité en vue de la création d’une entreprise nouvelle.
L’essaimage, bien conduit, peut ainsi constituer un levier puissant de la création d’entreprise. Le phénomène “ essaimage ” historiquement généré de la gestion sociale des restructurations lourdes, peut progressivement devenir une pratique de gestion dynamique des ressources humaines et de développement économique.
On appelle “ essaimage passif, défensif ou à chaud ”, l’essaimage issu de l’appui par l’entreprise source à la création ou à la reprise d’entreprises à l’égard de salariés dont l’emploi a été supprimé ou doit être supprimé.
A contrario, “ l’essaimage actif, offensif ou à froid ” est issu d’une politique d’essaimage mise en œuvre par l’entreprise source en dehors de toute situation de gestion de sureffectifs.
On peut estimer qu’il se crée 20 000 entreprises par an en France générées par des pratiques d’essaimage principalement issues de grands groupes. Ce chiffre est très faible en regard du total des entreprises créées (environ 7 %).
Bien que l’essaimage ne soit plus un phénomène marginal, il existe dans la création de nouvelles entreprises par des salariés d’entreprises existantes (tant PME que grands groupes) un potentiel encore inexploit.
Sur les 20 000 entreprises créées, 75 % de celles-ci sont réalisées au travers de plans sociaux formels ou au moins de contextes de sureffectifs (pratiques d’essaimage défensif).
L’essaimage constitue en effet l’une des mesures, auprès d’autres plus classiques (aménagement du temps de travail, reclassement, out placement pré-retraites), de la panoplie des plans sociaux mis en œuvre par les entreprises.
L’essaimage offensif dit à froid, issu de politiques d’entreprises n’ayant pas à priori à gérer des sureffectifs immédiats, génère environ 5 000 entreprises nouvelles. Ce chiffre rapproché au total des créations et reprises d’entreprises en France, nous indique l’ampleur de l’œuvre à accomplir.
Le taux de réussite à cinq ans des entreprises issues d’un essaimage, tant à froid qu’à chaud, est généralement supérieur à la moyenne nationale.
Les responsables d’entreprises pratiquant l’essaimage avancent selon les cas de 70 à 90 % de réussite à 5 ans.
Il est bien entendu que le taux d’échec est inversement proportionnel à la qualité de l’accompagnement. Il est à noter également que le contexte des pratiques “ d’essaimage ” marque fortement la nature des entreprises essaimées et les modalités de leur accompagnement.
De plus, l’importance de l’entreprise, les capacités d’innovation et de valeur ajoutée, et le taux de réussite, augmentent lorsqu’ils se développent dans le cadre d’un essaimage offensif.
Le nombre d’emplois générés au bout de 3 années d’existence est de l’ordre de 5 en moyenne par entreprise essaimée alors qu’il n’est que de 3 en moyenne pour l’ensemble des entreprises créées.
Bien qu’elles ne soient plus confidentielles, les pratiques d’essaimage, principalement de type offensif, restent l’apanage de grands groupes ayant souvent leur siège à Paris.
Le manque de communication sur les pratiques et sur l’exemplarité d’actions fait cruellement défaut. En 1990, le rapport Bertherat sur l’essaimage préconisait déjà une politique de promotion et de valorisation des pratiques d’essaimage afin que celui-ci devienne “ un phénomène banal ” au sein d’une politique normale de gestion dynamique des ressources humaines et de développement économiques dans les entreprises françaises.
L’Essaimage, bien conduit, peut constituer un levier puissant de la création d’entreprises. Cependant, le concept même de l’essaimage et de ses méthodologies sont encore mal connus, mal maitrisés et finalement peu mis en œuvre, principalement dans l’aspect offensif.
Les avantages de l’essaimage peuvent se résumer de manière succinte dans le tableau qui suit :
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ESSAIMAGE A CHAUD |
ESSAIMAGE A FROID |
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(priorité à l'allégement des effectifs) |
(volonté stratégique de dynamisation du personnel) |
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AVANTAGES |
- aménager ses effectifs en évitant les licenciements |
- introduire une mentalité entreprenante |
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- céder certaines activités |
- accroître le taux de rotation d |
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POUR |
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personnel |
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- maintenir son image |
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L'ENTREPRISE |
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- valoriser l'image de marque |
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exploiter de nouveaux marchés |
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AVANTAGES |
- avoir les moyens de devenir son propre patron |
- devenir autonome |
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- appuis logistiques et financies |
- retrouver un emploi en cas |
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POUR LES |
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d'échec (loi congé création) |
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- quitter l'entreprise de manière |
- valoriser son savoir faire à |
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SALARIES |
dynamique |
l'extérieur de l'entreprise |
Afin de “ banaliser l’essaimage ” dans les entreprises et leur environnement, le groupe de travail du CNCE 1998, considère qu’il faut repérer des initiatives d’actions d’essaimage tant au niveau national qu’au niveau local, les analyser et valoriser les plus pertinentes et ceci dans un cadre global de communication sur la création d’activités à partir d’entreprises existantes. Publications de l’Agence pour la Création d’Entreprises (APCE) CNCE 1998.
L’essaimage s’inscrit, et ne peut être dissocié, de la logique des Compétences qui intègre, dans leurs environnements respectifs, la stratégie de développement des personnes et des entreprises.
Le salarié quitte son entreprise dans une relation gagnant/gagnant avec l’assurance, à court terme, d’un accompagnement technique et d’une activité au démarrage de sa propre entreprise. Par cette externalisation, les besoins de fonctionnement sont réduits et la couverture des frais fixes est mieux assurée. Ainsi, progressivement, la recherche de nouveaux marchés permettra une croissance proportionnelle au développement d’activité tout en maintenant l’équilibre économique et financier de l’entreprise et en assurant sa pérennité. Les pépinières d’entreprise accueillent favorablement ces nouvelles entreprises.
L’entreprise se sépare de ses activités externalisables tout en maintenant la coordination technique. Les coûts sont mieux maîtrisés, les services mieux cernés et la réactivité améliorée. Elle développe, dans un meilleur contexte social, son image sur le marché en mobilisant, sur son métier de base, ses ressources internes dont ses compétences clés. Elle constitue ainsi son propre réseau de partenaires. Leurs intérêts deviennent réciproques.
La politique de l’entreprise et sa gestion des ressources sont plus en relation avec l’essaimage que sa taille.
L’essaimage s’anticipe et nécessite une excellente communication et compréhension des enjeux tant pour l’entreprise que pour les salariés entrepreneurs. Il se prépare par de la formation, des accompagnements méthodologiques et techniques, des appuis logistiques et des soutiens financiers.
Didier COTARD, mai 06
Conseil en Organisation Stratégique (sarl C.O.S.)

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